Le catharisme, bien qu’il n’ait pas duré longtemps en raison de la violente persécution dont il a fait l’objet, a profondément marqué la culture du Midi de
la France. Apparu en Italie et en France entre le Xe et XIIe siècle, il bénéficie de la protection des seigneurs féodaux du Midi. Mais plus le mouvement prend de l’ampleur, moins les méthodes
traditionnelles de conversion employées par l’Église catholique n’ont d’effet. Voici les évènements mar
En 1176 : Assemblée cathare à Saint Félix de Caraman
Les Cathares se réunissent à Saint-Félix-de-Caraman, près de Toulouse, sous la direction de l’évêque Nicétas de Constantinople. Provenant d’Asie
mineure, le mouvement cathare s’est étendu progressivement à la Bulgarie avec les bogomiles puis en Italie avec les patarins avant de s’ancrer dans le sud de la France. Ce concile des hérétiques
permet de définir précisément le culte, de l’organiser et de mettre en place une véritable Église cathare. Ainsi, le catharisme, tel qu’on l’appellera plus tard, prendra encore plus d’ampleur
dans le midi de la France.
Mais hélas ce courant religieux concurrence l’Eglise Catholique de Rome et donc, sur le marché de la spiritualité de l’époque c’est la dictature de l’esprit
par les Papes. Du coup, le 25 mars 1199
La bulle "Vergentis in senium" annonce l'Inquisition
Le Pape Innocent III institue une procédure de lutte contre les hérétiques dans sa bulle "Vergentis in senium". Depuis le deuxième concile de Latran de 1139,
la lutte contre les hérétiques est au cœur des préoccupations du Saint-Siège. Les mouvements manichéens, qui croient en l’existence séparée du bien et du mal, de Dieu et du Diable, tels les
cathares, ont prospéré et représentent un risque pour l’unité sociale des pays. Cette bulle annonce l’envoi de religieux dans la région d’Albi et pose les bases de l’Inquisition.
15 janvier 1208
Assassinat de Pierre de Castelnau
Chargé de combattre l’hérésie albigeoise (cathare), Pierre de Castelnau est assassiné peu de temps après un rendez-vous avec Raymond VI, comte de Toulouse. Les deux hommes, en conflit depuis l’excommunication du comte par le légat
pontifical, s’étaient rencontrés dans le but de se réconcilier. Mais l’entrevue n’a fait qu’envenimer la situation, puisque Raymond VI refuse de participer à la lutte contre les hérétiques.
Soupçonné d’être responsable du meurtre, il est une nouvelle fois excommunié. L’assassinat du légat pontife déclenchera peu de temps après la croisade contre
les albigeois.
Le 22 juillet 1209 le massacre de Béziers est ordonné
L'armée des croisés chargée d'éradiquer les cathares à la demande du pape Innocent III s'empare de Béziers. Sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury
(ou Arnaud Amalric) et du chef Simon de Monfort, la ville est mise à sac et la population massacrée. Bien qu'en majorité catholique, Béziers ne voulait pas livrer les cathares qu'elle protégeait.
Avant de donner l'assaut, les croisés demandent au légat comment reconnaître les hérétiques des vrais chrétiens. Celui-ci leur aurait répondu : "Tuez les tous ! Dieu reconnaîtra les siens !".
Pendant vingt ans, les combats feront rage dans la région. Les albigeois, dans un premier temps dépassés, organiseront une reconquête avant de se heurter à l’armée royale française. Bien que
glorieuse pour les catholiques, la croisade des albigeois n’élimine pas complètement le catharisme. C’est une des raisons de la création de l’Inquisition quelques années plus tard.
15 août 1509, Trencavel capitule à Carcassonne
Peu de temps après le massacre de Béziers, le vicomte Raimond-Roger Trencavel essuie une défaite cuisante à Carcassonne devant les croisés, commandés par
Simon de Montfort. Les cathares, aussi nommés albigeois, font l’objet d’une croisade sans scrupule de l’Église contre l’hérésie. C’est une véritable guerre entre le nord et le sud de la France qui a éclaté.
Une autre video un peu plus longue mais uniquement sur la cité :
12 septembre 1213: Bataille de Muret
Les croisés dirigés par Simon de Montfort poursuivent leur lutte contre les albigeois (cathares) et atteignent la commune de Muret. Après avoir mis à sac
Béziers et s'être emparée de Carcassonne, l’armée du nord n’a guère de difficulté à vaincre le roi d’Aragon, Pierre II.
Juin 1215 : La croisade contre les albigeois à Toulouse
L’armée des croisés de Simon de Montfort fait son entrée à Toulouse, tandis que le comte Raymond VI, protecteur des albigeois (cathares) s’est enfui en
Angleterre. Quelques mois plus tard, au IVe concile du Latran, Simon de Montfort se fera attribuer les terres de son ennemi.
30 novembre 1215 : Clôture du IVe concile du Latran
Le pape Innocent III préside la dernière séance du concile du Latran. Ce nouveau concile œcuménique est le quatrième à avoir lieu au palais romain du Latran.
Il en résulte la condamnation des Cathares et des Vaudois, l’interdiction de créer de nouveaux ordres religieux, le soutien des discriminations contre les Juifs et l’apparition du terme de "transsubstantiation". Par ailleurs, le pape Innocent III appelle à une
nouvelle croisade. Toutefois, ce sera son successeur, le pape Honorius III qui l’organisera deux ans plus tard. Mais elle se conclura par un
échec.
Le 25 juin 1218, Simon de Montfort est tué par une pierre
Toulouse se révolte contre Simon de Montfort et le pousse hors des murs. Ce dernier entreprend alors le siège de la ville pour soumettre les habitants
révoltés. C’est alors qu’une lourde pierre s’abat sur sa tempe et le tue sur le coup. Son armée de croisés se disperse aussitôt. Son fils, Amaury, reprend le combat mais sera écrasé par Raymond
VII, successeur de Raymond VI, qui récupérera ses terres.
12 avril 1229, Fin de la croisade contre les albigeois
Un traité est signé à Paris entre Blanche de Castille, régente mère de Louis IX, et Raymond VII, comte de Toulouse, contraint à en accepter les termes. L’
"accord" met fin à la croisade menée contre les albigeois, ou cathares, depuis 1209. Le comte doit alors céder une grande partie de ses terres au royaume mais conserve le comté de Toulouse et le
Lauragais. Il s’engage également à marier Jeanne de Toulouse, son héritière, à Alphonse de Poitiers, frère cadet du roi. Ainsi, à sa mort, le reste de son territoire reviendra définitivement au
royaume de France.
20 avril 1233, l'Inquisition débute en France
Le pape Grégoire IX annonce que la lutte contre l’hérésie n’est désormais plus assumée par les évêques sur les territoires français. Cette tâche est alors
confiée aux Frères prêcheurs, ordre franciscain fondé par Dominique de Guzman. Créé pour convertir les cathares, cet ordre dispose désormais des pouvoirs propres à l’Inquisition pour réaliser sa
mission. Rapidement, les Frères s’installent dans les lieux stratégiques du sud de la France comme Toulouse, Montpellier ou Lyon. Les tribunaux de l’Inquisition auront un rôle crucial dans la
répression des Cathares en France, et ils feront régulièrement usage des bûchers
16 mars 1244
Les Cathares capitulent à Montségur
Depuis des mois, de nombreux cathares occupent le château de Montségur, élevé entre les roches pyrénéennes. Jusque-là, ils sont parvenus à tenir le siège
tant bien que mal contre les croisés du roi Saint-Louis et de l’Inquisition, mais lorsqu’un paysan révèle l’emplacement d’un passage secret menant à la forteresse, ils sont perdus. Les troupes
envahissent les lieux ; les cathares capitulent. Ils seront faits prisonniers et plus de 200 d’entre eux seront brûlés vifs au pied des murailles, dans un champ appelé "Prat des cramats" en
Occitan (Pré des brûlés, en français). Les survivants seront conduits à Bram et remis au tribunal de l'Inquisition.
27 septembre 1249, Mort de Raymond VII
Raymond VII, comte de Toulouse et principal défenseur de la cause cathare, meurt et laisse ses terres à son gendre héritier, Alphonse de Poitiers. À la
mort de ce dernier, en 1271, le comté de Toulouse reviendra directement à la Couronne de France. L’épisode du château de Montségur en 1244, la mort du comte de Toulouse puis d’Alphonse de
Poitiers sont autant d’événements qui marquent la décadence, puis la disparition de l'Eglise cathare en France.
13 février 1278, deux cents cathares brûlés à Vérone
Vérone est le théâtre de l’un des pires bûchers de l’inquisition : 200 cathares sont brûlés. En pleine apogée, l’Inquisition multiplie à cette époque l’usage
des bûchers et de la torture.
24 août 1321, exécution du dernier parfait cathare occitan
Guilhem Bélibaste, dernier parfait cathare occitan connu, meurt sur le bûcher au pied du château de Villerouge-Termenès. Ayant assassiné un berger pour
éviter d’être dénoncé, Bélibaste avait passé sa vie à fuir. Bien qu’il n’ait pas respecté scrupuleusement les règles de vie cathares, il n’en est pas moins le dernier représentant connu. Avec lui
s’éteint l’Église cathare occitane.
Histoire de Bélibaste racontée par un prof de Mathématiques: