Pourquoi je me sens si différent avec les chiliens qui sont autour de moi, quand l’on parle de chose qui rassemble une classe de population, un événement vécu en commun, un age et une époque par exemple.
J’en viens alors à m’intéresser à ce qu’est la différence ! Et selon le dictionnaire de l’académie française : la différence c’est «
la Diversité
, la dissemblance, la distinction ». On peut également la voir comme ce « qui fait qu'une ou plusieurs choses, un ou plusieurs êtres ne sont pas semblables ou ne sont pas égaux ». Je suis donc différent des gens de cette culture, certes par mon aspect physique, mes coutumes et surtout façon de penser et réagir. Quand on regarde d’un peu plus près dans la façon de parler, de réfléchir (avant de parler) que remarque t’on ?
Les français pensent de cette manière :
sujet verbe adjectif+nom adverbe adjectif+nom
exà j’aime les blondes ainsi que les brunes.
Dans le monde où je vis ils pensent :
sujet verbe(conjugué sur le second sujet) second sujet nom adjectif adverbe adjectif+nom
exà me gustan las chicas rubias así que las morenas
Dans la partie anglo-saxonne :
sujet verbe adjectif adverbe adjectif nom
exà I love blondes like this brunettes girls.
Cela produit que pour penser nous n’avons pas les mêmes priorités naturelles. Si on prend un autre exemple, français/espagnol, issue d’une thèse de l’université de Montréal :
« [ce qui ] semble plus intéressant est que le complément d’objet direct et le quasi-complément d’objet peuvent «cohabiter» dans une même phrase : c’est le cas de l’expression dialectale María dio vuelta la tortilla (‘María a retourné l’omelette’), où vuelta serait le quasi-complément et tortilla le «vrai» complément d’objet. »
Le plus important est la « vuelta » donné au fait que premier sujet soit « donner » puis l’omelette est la chose sur laquelle agit le verbe. En français, nous avons directement un verbe disant « dar vuelta » on intègre donc qu’une chose de ce genre puisse arriver. En revanche, « buscar piso » se traduit par « chercher un appartement », nous rajoutons un déterminant « un » l’importance va être donné au complément pour un espagnol :
Exà « busco piso en Santiago » qui donne en français : “je cherche un appartement à Santiago »
Avoir un appartement (de bonne qualité) sera déjà très bien pour un français (en plus actuellement vu la demande et l’offre !) alors que ce qui sera priorisé chez « l’hispanohablante » sera la ville où il sera (en tous cas le complément de la phrase), peu importe la qualité s’il est à Santiago.
J’en viens à une première conclusion : Les priorités diffèrent selon la langue maternelle parlée.
Si on regarde au-delà des océans, que se passe t’il ?
Le monde anglo-saxon donne la priorité aux adjectifs, à l’apparence, à la première image, au flash du moment. De l’autre coté, nous autres européens d’origine latine nous accordons une importance aux « noms » en eux-mêmes, ce qu’ils ont comme signification, histoires derrières chacun d’entre eux. Par exemple, si je dis Che Guevara, je vais pensé à l’idée qui est implicite, comme la conquête de la liberté, la lutte pour qu’un peuple se gouverne lui-même alors qu’un anglophone va penser à des adjectifs comme marxiste, révolutionnaire ou encore guerillero politique. Voila déjà une grande différence ! Ainsi, on peut dire par extrapolation que les américains (du nord) vont directement aux choses pour les qualifier, les mettre dans des cases et de fait ont plus de facilité en marketing pour « marquer le coup » et les latins dans la sociologie, la diplomatie (connaître les gens, discuter avec eux). Nous (j’en fait parti) accordons beaucoup d’importance à l’aspect social des choses.
La France
n’est il (ou n’était-il) pas un modèle social ?!
Cette réflexion pose le problème de la sensibilité entre englishspeaker et latinophone, mais ne répond pas à ma question plus précise dans ce dernier.
Pourquoi malgré que je parle presque pareil au niveau de la construction de phrases (synthaxe) qu’un « hispanohablante », il y a une différence ?
Je pense, depuis toujours, qu’il y a l’éducation et les modes et types d’influences qui agissent plus ou moins fortement sur notre comportement et façon d’agir et de fait de penser.
Ceci me laisse ouvrir une autre conversation, que je reprendrai plus tard, il est déjà assez tard (pour le Chili) comme ça.
Et puis je terminerai sur cette citation, qui me parait adapté :
Où qu'il soit, où qu'il aille, l'homme continue à penser avec les mots, avec la syntaxe de son pays.
Roger Martin du Gard